L’élection d’Hugo Chávez en décembre 1998 marque un tournant majeur dans l’histoire politique du Venezuela. Elle met fin à plusieurs décennies de domination des partis traditionnels et ouvre une nouvelle phase politique, souvent appelée « révolution bolivarienne ».
Un contexte de crise profonde
À la fin des années 1980 et au début des années 1990, le Venezuela traverse une grave crise économique et sociale. La baisse des prix du pétrole fragilise l’économie nationale, fortement dépendante de cette ressource. Les inégalités sociales s’accentuent et la corruption affaiblit la crédibilité des partis traditionnels, notamment Acción Democrática (AD) et Copei.
Les émeutes du Caracazo en 1989 illustrent cette crise de confiance entre la population et les élites politiques.
La montée en puissance de Chávez
Ancien officier de l’armée, Chávez se fait connaître en 1992 lors d’une tentative de coup d’État contre le président Carlos Andrés Pérez. Bien que l’opération échoue, son discours télévisé — dans lequel il assume la responsabilité de l’échec — le rend populaire auprès d’une partie de la population.
Après sa libération en 1994, il s’engage dans la voie électorale et fonde un mouvement politique. En 1998, il remporte l’élection présidentielle avec environ 56 % des voix.



